Quel les différents personnages au nom de l’ensemble du

Quel est la fonction du chœur dans Œdipe Roi ?  Introduction : Ayant son origine du fonds mythologique antique, Œdipe, viaplusieurs  rééditions  est parvenu à devenir un vrai mythelittéraire qui traverse les siècles et laisse une trace indélébile dans l’art.

Sophoclelui prête vie au V°S avant JC dans une trilogie, évoquant notamment l’horribledécouverte de son double forfait dans Œdipe Roi. Vingt-cinq siècles plus tard,en 1967, Cette œuvre se sert ainsi des légendes passés et de nombreux  mythes avec des moyens propres etparticulièrement originaux. Sophocle apporte un nouveau souffle notamment parle biais de la stichomythie facilitant des dialogues plus spontané et plusvivant entre les personnages et le chœur.

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 Ceci nous amène à nous intéresser à la fonction réservé au chœur.Quelles représentations du chœur offre-t-ils? Quelles fonctions lui accorde-t-il?   I – Les représentations du chœur A/ Qu’est-ce que le chœur ? Matérialité du chœur ? Le chœur compte dans sa structure 15 choreutes mis sous lepatronat du coryphée. Créon lui donne le nom et le désigne comme une« assemblée»  Œdipe leur parle comme il le ferai àson peuple. Le chœur se rassemble dans un grand espace en forme de cercle commeune arène qui lui rend honneurs. Le coryphée assiste tout au long de lacérémonie ainsi qu’à tous les dialogues et scande les problèmes les pluscomplexes par ses interventions ou stasima. Le coryphée dialogue le  plus longtemps avec les différents personnagesau nom de l’ensemble du chœur. Le chœur se distingue en outre des personnagespar sa nature même puisqu’il incarne une entité collective mais il s’endistingue aussi visuellement : uniformité du costume des choreutes poursuggérer la présence de la cité, d’une humanité moyenne.

 Il se distingue aussi par son mode de parole : strophes etantistrophes à la structure rythmique complexe (métrique plus proche de laprose pour les personnages, trimètres iambiques). Ces paroles singulièresconfèrent à la tragédie une dimension lyrique ainsi qu’en témoignent lesinterjections et le recours au « ô » incantatoire . Certains effets ne sont toutefois pas sans rappeler cettetradition antique du personnage collectif. Force est en effet de constater laprésence de foules ou de groupes humains que l’on peut rapprocher d’un chœur.On peut repérer des costumes parfois uniformes qui les signalent comme uneentité collective. On peut songer à ce titre aux malheureux qui défilent enguenilles aux abords de Thèbes lorsqu’Œdipe s’approche du palais, ou encore lesfemmes de noir vêtues sur fond de lamentations.

 Si leurs interventions ne sont nullement codifiées, et s’iln’adopte pas un dire particulier, ces groupes s’expriment parfois d’une seulevoix à l’instar du groupe des pleureuses ou du chœur des femmes corinthiennesheureuses à l’arrivée d’un enfant inespéré. Leur présence est en outre soulignéepar des effets musicaux souvent lents. B / Le chœur, une présence populaire : Chez Sophocle, les choreutes sont des Thébains initialementtrès concernés par la peste, puis par le destin d’Oedipe Roi et de sesconséquences sur le peuple et la cité. Ce sont des vieillards nourrissant unfort attachement à Œdipe.

Ils font preuve de beaucoup de loyauté v 490 à 493 Toutefois le personnage collectif se signale toujours par saprésence, plus fragmentée et plus énigmatique : prêtre coryphée et fouleincarnant la population meurtrie. C’est en outre le prêtre qui entame ledialogue et non Œdipe : il marque ainsi l’entrée dans la tragédie. On peut aussi mentionner le groupe de femmes à Corinthe quiopère comme un chœur : leur chant prévient Mérope du retour du roi  A ces éléments de la bande son s’ajoutent des gestescollectifs significatifs :  le peuples’agenouille et brandit des rameaux lors de l’arrivée de Tirésias.  Œdipe est lui-même spectateur de danses lorsdu mariage qu’il croise sur sa route puis à l’entrée du très étrangelabyrinthe. C – Un être tragique : Ce qui fait la particularité du chœur dans Œdipe Roi, c’estsa dimension fondamentalement tragique : il ignore la vérité de la situationtout comme les protagonistes et il vient donc en aide au coupable. Il est aussivictime d’ironie tragique et il connaît un renversement de situation lorsqu’ilcomprend qu’il s’est dévoué pour sauver un criminel, la souillure de la cité.

Il entonne un chant joyeux après le départ de Jocaste et imagine une originedivine à Œdipe.   II – Ses fonctions A l’origine, dans la tradition dramatique grecque, le chœurconstituait l’élément le plus important de la tragédie, même s’il ne prenaitpas part directement à l’action. Tant les choreutes que le coryphée yconservaient un lien étroit avec l’intrigue. Chez Sophocle, la constitutionmême du chœur signifie son impuissance puisqu’il s’agit de vieillards, defemmes ou d’enfants. Il n’exerce aucune responsabilité dans l’avancée del’intrigue, dans les prises de décisions.

Sa parole n’est nullementperformative, elle n’est pas suivie d’effets immédiats. Il s’imposeessentiellement comme un observateur ce qui ne signifie pas pour autant que saprésence soit gratuite et dénuée d’effets. A – Sa fonction dramatique : Le chœur comme mode de structuration : la tragédie reposesur une alternance codifiée d’épisode et de stasima ou interventions du chœur/Ces stasima orchestrent la montée de la tension dramatique en ménageant desinstants de respiration et en ralentissant le branle de la machine infernalequ’est le tragique. Chacun des stasima est aussi l’occasion de faire le pointsur la situation. Dans le 1er  le chœurreprend les interrogations concernant l’identité du meurtrier et la nécessitéde la traquer, avant de commenter l’étrangeté des paroles de Tirésias.

Il opèrealors comme un écho soucieux de maintenir l’attention du public, d’entretenirsa tension même dans ce cheminement tragique. Un rôle dramatique non négligeable : il rythme donc latragédie, par ses interventions et lui assure en partie sa dimensionspectaculaire.  Il renseigne, fournitéventuellement des éléments nécessaires à la bonne compréhension de lasituation.

Ainsi  écrit-il les maux dupeuple dans la strophe II de la parodos. Le chef de chœur rappelle également lamort de Laïos L 254. Il accompagne aussi, par le biais du coryphée notamment,les personnages dans leurs parcours, leurs prises de décision. Un peu plusloin, après la querelle qui l’oppose au devin, Œdipe est enjoint par lecoryphée de se concentrer sur la satisfaction de l’oracle : « Il est urgent dechercher comment satisfaire au mieux l’oracle divin. »/ Plus symboliquement,Angelo guide les pas d’Œdipe Roi à Bologne. Il cherche à tranquilliser lesesprits en minimisant la portée des paroles d’Œdipe : « Sans doute cet outragelui est-il venu aux lèvres sous l’effet de la colère et non de sang froid.

» Ilest alors manifeste qu’il tente de protéger le roi en refusant de porter untémoignage plein sur la scène précédente : « Je n’ai pas d’yeux pour ce quefont les puissants. ». Un peu plus loin, c’est Oedipe qu’il s’efforce demodérer : « Une décision abrupte n’est pas sans risques. » avant de lesenjoindre plus vertement à mettre un terme à leur querelle. Le chœur prend mêmele relais du coryphée pour supplier Œdipe : « Ecoute-le de bon cœur et de bonvouloir, Seigneur, je t’en supplie. » Il incarne de cette façon la voie/ voixde la sagesse et développe ses arguments en émaillant ses propos de phrasesinjonctives : « L’incident est clos, restons-en là, oh restons-en là, alors queThèbes souffre tant. »   C / Le chœur, le religieux et le politique : Le recul offert au chœur lui permet également de méditer etd’exercer une mission religieuse Autel voué à Dionysos au cœur de ses actions et de seschants, sur l’orchestra.

Cet autel rend naturel le contenu religieux decertains stasima. Dans la 1ère antistrophe de la parodos, il invoque ainsi lesdieux et les appelle au secours de Thèbes « C’est toi que j’invoque d’abord,fille de Zeus, et toi aussi Artémis … ». Ses paroles s’accompagnent d’ailleursde gestes circulaires dans un sens puis dans un l’autre, qui soulignent lecaractère rituel et sacré de leur démarche.3ème stasimon « Que ces chants Apollon guérisseur, te soientagréables ! »Invocations et références multiples aux dieux/ lexiquereligieux/ Phrases qui se rapprochent de sentences ou de maximes religieuses :« Un dieu puissant rayonne en elles, un dieu hors des atteintes du temps » (àpropos des lois divines et éternelles).